Fiche de lecture complète : Le Dernier Jour d'un Condamné – Victor Hugo
Introduction
Le
Dernier Jour d'un Condamné programmée pour le bac, œuvre emblématique de Victor Hugo,
publiée anonymement en 1829 puis sous son nom en 1832 avec une préface
retentissante, constitue un pilier de la littérature française et un manifeste
puissant contre la peine de mort. Ce roman à thèse, rédigé sous la forme d'un
journal intime, plonge le lecteur dans les dernières pensées et angoisses d'un
homme anonyme condamné à l'échafaud. Son importance dépasse le cadre littéraire
pour s'inscrire dans les grands débats humanistes du XIXe siècle, marquant un
tournant dans la perception de la justice et de la dignité humaine. Pour le
programme de français au Maroc, cette œuvre revêt un intérêt pédagogique
majeur, notamment pour les élèves de la première année du baccalauréat. Elle
offre une opportunité unique d'aborder des thèmes universels tels que
l'injustice, la souffrance, la solitude et la rédemption, tout en affûtant les
compétences d'analyse littéraire et d'argumentation. L'étude de ce texte permet
aux apprenants de comprendre les mécanismes du roman à thèse et d'explorer la
puissance de l'écriture engagée, des aspects cruciaux pour la réussite aux
examens régionaux et nationaux.
Présentation de l’auteur de Le Dernier Jour d’un Condamné bac
Victor Hugo (1802-1885) est sans conteste l'une des
figures les plus illustres de la littérature française et le chef de file du
mouvement romantique. Né à Besançon, son parcours littéraire est jalonné
d'œuvres majeures qui ont profondément marqué leur époque et continuent
d'influencer la pensée contemporaine. Poète, dramaturge, romancier, mais aussi
homme politique engagé, Hugo a incarné l'esprit de son siècle, luttant
inlassablement pour la justice sociale et la liberté. Parmi ses œuvres les plus
célèbres, on compte des romans tels que Notre-Dame de Paris (1831) et Les Misérables (1862),
des recueils poétiques comme Les
Contemplations (1856) et La Légende des siècles (1859), ainsi que des pièces de
théâtre comme Hernani
(1830). Son engagement contre la peine de mort, particulièrement manifeste dans
Le Dernier Jour d'un Condamné
et Claude Gueux,
témoigne de sa profonde humanité et de sa volonté de faire de la littérature un
instrument de progrès social.
Contexte de l’œuvre
Le
Dernier Jour d'un Condamné s'inscrit dans le contexte
socio-politique et littéraire effervescent de la France du début du XIXe siècle.
La Restauration, période de retour à la monarchie après la Révolution et
l'Empire, est marquée par des tensions politiques et sociales. La peine de mort
est alors une pratique courante, souvent exécutée en public, et suscite des
débats passionnés au sein de la société. Victor Hugo, profondément choqué par
l'observation d'une exécution publique et par le sort d'un condamné, décide
d'écrire ce roman pour dénoncer l'inhumanité de cette sentence. L'œuvre est
également emblématique du mouvement romantique, qui privilégie l'expression des
sentiments, la subjectivité et l'engagement de l'artiste. Hugo utilise le roman
pour défendre une cause, faisant de son texte un véritable plaidoyer contre la
peine capitale, une position audacieuse pour l'époque.
Résumé détaillé de l’œuvre Le Dernier Jour d’un Condamné en bac
Le roman s'ouvre sur le récit d'un homme anonyme, enfermé
dans la prison de Bicêtre, qui vient d'être condamné à mort. Il décide de
consigner par écrit ses pensées, ses sensations et ses angoisses durant les
dernières semaines, puis les dernières heures de son existence. Ce journal
intime débute par la stupeur et l'incrédulité face à la sentence, puis évolue
vers une prise de conscience progressive de l'inéluctabilité de son sort. Le
condamné décrit avec une précision glaçante les conditions de sa détention, la
promiscuité avec d'autres criminels, les bruits assourdissants de la prison, et
l'indifférence des gardiens. Il se remémore son procès, les voix des juges,
l'attitude de la foule, et la douleur de l'annonce du verdict. Son esprit est
constamment assailli par la pensée de la mort imminente, alternant entre espoir
fugace d'une grâce et désespoir profond.
Transféré à la Conciergerie, puis à l'Hôtel de Ville, le
condamné est confronté à de nouvelles épreuves. Il assiste au départ des forçats
pour le bagne, une scène d'une violence inouïe qui le pousse à s'interroger sur
la nature de la justice. La visite de sa fille, Marie, âgée de trois ans,
constitue un moment de déchirement intense. L'enfant, qui ne le reconnaît plus,
le prend pour un étranger, brisant le dernier lien affectif du condamné avec le
monde des vivants. Cette scène souligne la cruauté de la peine capitale, qui ne
punit pas seulement le coupable, mais aussi sa famille. À mesure que l'heure
fatale approche, l'angoisse du condamné atteint son paroxysme. Il observe les
préparatifs de l'exécution, entend les bruits de la foule qui s'amasse, et
ressent la présence oppressante des bourreaux. Le récit se termine brutalement,
le condamné étant emmené vers l'échafaud, laissant son manuscrit inachevé comme
un témoignage poignant de son calvaire et un appel vibrant à l'humanité.
Les personnages principaux de "Le Dernier Jour d’un Condamné dans le bac"
- Le Condamné : Personnage central et narrateur, il reste anonyme tout au long du roman. Cette absence de nom confère une dimension universelle à son destin, permettant au lecteur de s'identifier plus facilement à sa souffrance. Il est présenté comme un homme instruit, sensible, dont le crime n'est jamais révélé, renforçant l'idée que la peine de mort est une injustice absolue, indépendamment de la faute commise. Son monologue intérieur révèle une psychologie complexe, oscillant entre la peur, la révolte, la tendresse paternelle et une lucidité désespérée face à l'absurdité de sa situation.
- Marie : La fille du condamné, âgée de trois ans. Elle incarne l'innocence et la pureté, mais aussi la cruauté indirecte de la peine de mort. Sa non-reconnaissance de son père est un moment clé du roman, symbolisant la rupture définitive du condamné avec son passé et le monde des vivants. Elle est la victime innocente d'une justice aveugle, et sa présence souligne la dimension profondément humaine et tragique du récit.
- La Foule : Présente lors des transferts et de l'exécution, la foule est dépeinte comme une entité collective cruelle, avide de spectacle et d'émotions fortes. Elle représente l'indifférence et la barbarie de la société face à la souffrance d'un individu. Son voyeurisme et son insensibilité renforcent le sentiment de solitude et d'abandon du condamné, et servent de miroir à la critique sociale de Victor Hugo.
- Les Représentants de la Loi : Les gardiens, les geôliers, le prêtre, et les bourreaux sont des figures secondaires mais essentielles. Ils incarnent l'appareil judiciaire et carcéral, souvent déshumanisé et indifférent à la souffrance du condamné. Le prêtre, censé apporter un réconfort spirituel, se montre distant et préoccupé par les formalités, soulignant l'échec de l'institution religieuse à offrir une véritable compassion.
Thèmes et axes de lecture
Le
Dernier Jour d'un Condamné est un roman riche en thèmes, offrant
de multiples axes de lecture. Le thème central est, sans conteste, l'abolition de la peine de mort.
Victor Hugo utilise le récit pour dénoncer la barbarie et l'injustice de cette
sentence, plaidant pour une justice plus humaine et plus juste. Le roman met en
lumière l'angoisse et la
solitude du condamné, explorant les profondeurs de la psyché
humaine face à la mort imminente. La critique de l'injustice sociale et judiciaire
est également omniprésente, Hugo remettant en question la légitimité d'une
société qui s'arroge le droit de vie et de mort sur ses membres. L'œuvre aborde
aussi la condition
humaine face à la mort, interrogeant le sens de l'existence et la
dignité de l'individu. Enfin, le roman est une critique acerbe de la société de
l'époque, de son voyeurisme, de son indifférence et de sa cruauté collective
face à la souffrance d'autrui.
Étude du style et des procédés d’écriture
Portée de l’œuvre et message de l’auteur
La portée de Le Dernier Jour d'un Condamné est immense et son message,
intemporel. Au-delà de la simple dénonciation de la peine de mort, l'œuvre est
un puissant plaidoyer pour la dignité humaine et le respect de la vie. Victor
Hugo y exprime sa conviction profonde que la société n'a pas le droit de tuer,
même au nom de la justice. Le roman interroge la notion de châtiment, la
légitimité de la vengeance sociale et la capacité de l'homme à juger son
semblable. Le message de l'auteur est clair : la peine capitale est une
barbarie qui déshonore la société qui l'applique, et elle ne résout en rien le
problème de la criminalité. C'est un appel vibrant à l'humanité, à la
compassion et à la réforme du système judiciaire, un appel qui résonne encore
aujourd'hui dans les débats contemporains sur la justice et les droits de
l'homme.
L’œuvre dans le programme de français au Maroc
Le
Dernier Jour d'un Condamné occupe une place prépondérante dans le
programme de français au Maroc, particulièrement pour les élèves de la première année du baccalauréat.
Il est généralement étudié dans le cadre du module consacré au roman à thèse,
offrant un exemple parfait de littérature engagée. L'intérêt de cette œuvre
pour l'examen régional ou national est multiple. Elle permet aux élèves de
développer leurs compétences en lecture analytique, en identifiant les procédés
d'écriture, les thèmes majeurs et la visée argumentative de l'auteur. La
production écrite peut souvent porter sur des sujets liés à la peine de mort, à
l'injustice, ou à la notion de châtiment, invitant les candidats à mobiliser
leurs connaissances du roman pour construire une argumentation solide et
pertinente. L'étude de ce texte prépare également les élèves à la dissertation
littéraire et à l'analyse de textes argumentatifs, des exercices clés pour la
réussite scolaire.
Conclusion
En somme, Le
Dernier Jour d'un Condamné de Victor Hugo est bien plus qu'un
simple roman ; c'est un cri de révolte, un témoignage poignant et un plaidoyer
intemporel contre la peine de mort. À travers le monologue intérieur d'un homme
anonyme face à son destin funeste, Hugo dénonce avec force l'inhumanité de la
justice et la cruauté de la société. L'œuvre, par sa puissance émotionnelle et
la richesse de ses thèmes, continue de susciter la réflexion sur des questions
fondamentales de justice, de dignité humaine et de compassion. Son étude dans
le programme de français au Maroc offre aux élèves une occasion précieuse
d'approfondir leur compréhension de la littérature engagée et de développer
leur esprit critique, des atouts essentiels pour leur parcours scolaire et leur
formation citoyenne. Ce roman demeure une lecture indispensable pour quiconque
souhaite comprendre la force de l'engagement littéraire et la lutte incessante
pour un monde plus juste et plus humain.
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